TRIBUNE DE JUSTINE LIPUMA : La solution aux engrais azotés existe déjà, parlons-en !

Depuis des mois, les agriculteurs vivent avec une épée de Damoclès au‑dessus de la tête : celle du prix des engrais azotés. Crise au Moyen‑Orient, tension sur le gaz, mécanismes carbone… à chaque nouveau choc géopolitique, la facture grimpe, la marge se réduit, et la colère monte.

Pourtant on parle encore trop peu d’une réalité simple – nous avons déjà des alternatives. Elles existent, elles fonctionnent, elles sont sur le marché. Elles n’attendent qu’une chose : qu’on leur donne enfin toute leur place.

En France, nous avons fait le choix, chez MYCOPHYTO, de croire à une souveraineté alimentaire qui ne soit pas dépendante des guerres lointaines ou du prix du gaz, mais de la richesse de nos sols et de l’intelligence de nos agriculteurs.

Nos solutions mycorhiziennes, et celles d’autres acteurs agritech, permettent déjà de réduire la dépendance aux engrais azotés, de mieux valoriser les ressources locales, de sécuriser les rendements dans un monde incertain.

Ce qui bloque aujourd’hui, ce n’est pas la science. Ce sont les habitudes d’achat, les réflexes construits autour du “sac d’engrais” depuis des décennies, les systèmes qui soutiennent encore trop les solutions d’hier, pas assez celles de demain.

Je ne crois pas que la souveraineté alimentaire se résume à produire plus. Je crois qu’elle consiste à produire autrement :· en s’appuyant sur le vivant, les micro‑organismes, les mycorhizes,· en réduisant notre dépendance aux intrants importés,· en donnant aux agriculteurs des solutions robustes, rentables et simples à mettre en œuvre.

Aujourd’hui, nous n’avons plus le luxe d’attendre. Chaque nouvelle crise nous rappelle que ne rien changer est le choix le plus risqué.J’appelle donc :· les décideurs publics à accélérer la reconnaissance et le soutien aux biostimulants et solutions microbiennes comme leviers de souveraineté alimentaire ;· les coopératives et distributeurs à ouvrir plus largement leurs catalogues à ces alternatives, pour les proposer non pas en option, mais au cœur de leurs offres ;· et l’ensemble de la communauté agritech à faire front ensemble, pour que nos innovations ne restent pas dans les labos ou les plaquettes, mais dans les champs.

Chez MYCOPHYTO, nous avons choisi d’agir maintenant. Nous ne voulons pas seulement “sensibiliser”. Nous voulons mettre sur le marché, à grande échelle, des solutions qui rendent nos systèmes agricoles plus libres, plus résilients et plus souverains.La souveraineté alimentaire française et européenne ne se construira pas uniquement dans les discours. Elle se joue aujourd’hui, très concrètement, dans la façon dont nous fertilisons nos sols et dont nous choisissons – ou non – d’adopter les alternatives qui existent déjà.

Et si, collectivement, nous décidions que le prochain choc géopolitique ne dicterait plus notre manière de nourrir le pays ?

Justine Lipuma CEO, MYCOPHYTO